L'internationalisation des marchés boursiers est un phénomène récent. En effet, la composition de leurs portefeuilles a été longtemps biaisée en faveur des actifs domestiques. D'une manière générale, avant les années quatre-vingt, les investisseurs institutionnels (surtout les compagnies d'assurances et les fonds de pension) possédaient une faible part de leurs portefeuilles en titres étrangers et les OPCVM étaient faiblement développés...
L'internationalisation des marchés boursiers est un phénomène récent. En effet, la composition de leurs portefeuilles a été longtemps biaisée en faveur des actifs domestiques. D'une manière générale, avant les années quatre-vingt, les investisseurs institutionnels (surtout les compagnies d'assurances et les fonds de pension) possédaient une faible part de leurs portefeuilles en titres étrangers et les OPCVM étaient faiblement développés. Dix ans plus tard, les investissements internationaux de ces institutions ont été multipliés par plus de dix (voir tableau ci-dessous).
Les actifs financiers internationaux détenus par les investisseurs institutionnels des pays industrialisés, 1980-92
En milliards de dollars US
Type d’investisseur par pays
1980
1988
1990
1991
1992
Fonds de pensions
Canada
1.759
6.902
9.880
15.000
-
Allemagne
0.069
0.200
0.346
0.370
-
Japon
0.112
8.477
11.372
15.406
16.215
Royaume-Uni
15.285
79.611
104.955
133.489
-
Etats-Unis
4.674
52.800
95.000
115.000
152.000
Compagnies d'assurances
Canada
1.510
2.090
2.110
2.644
-
Allemagne
0.850
2.060
4.260
4.530
-
Japon
4.311
120.231
151.341
164.704
167.032
Royaume-Uni
10.890
43.756
59.666
77.496
-
Etats-Unis
26.800
56.500
68.300
75.900
83.000
Source : P. CHUHAN. World Bank. Working paper 1243 p 14
"investir massivement sur les marchés boursiers étrangers..."
Au départ, cette croissance rapide a été favorisée par les investisseurs institutionnels anglais et japonais, qui ont poussé à la diversification "internationale" de leurs portefeuilles et cela d'une façon rapide et agressive. A l'opposé, les institutionnels américains ont eu tendance à opérer un processus de croissance plus lent. Ce n'est qu'à partir du milieu des années quatre vingt, qu'ils ont commencé à investir massivement sur les marchés boursiers étrangers. Finalement, au cours des années quatre vingt dix, les investisseurs de l'Europe Continentale les ont rejoint. En effet, les investisseurs institutionnels américains, qui font actuellement partie des principaux acteurs des marchés émergents, ont traditionnellement été, dans leurs choix d'investissements, faiblement tournés vers l'international.
Durant une grande partie des années quatre vingt et malgré la globalisation rapide des marchés financiers, leurs placements en valeurs étrangères n'avaient crû qu'à un rythme lent. En 1989, par exemple, la part des actifs internationaux détenus par les fonds de pension privés américains était estimé à moins de 4% de leurs portefeuilles, niveau largement plus faible comparé à celui des pays comme la Grande-Bretagne ou le Japon (voir tableau ci dessous).
Si la diversification hors des marchés nationaux de ces nouveaux investisseurs mondiaux s'est accélérée rapidement, le champ d'action était longtemps demeuré restreint.
"sécurité des marchés boursiers des pays industrialisés..."
Au cours des années quatre vingt, les capitaux internationaux ont préféré la sécurité des marchés boursiers des pays industrialisés, comme les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France ou la Suisse et se sont investis dans les titres les plus importants. En effet, ces pays avaient des marchés financiers développés et liquides et venaient de compléter leur ouverture internationale en levant les obstacles réglementaires et autres limitations qui subsistaient. De plus, leurs économies montraient les signes d'une forte reprise après la sortie de la difficile période d'hyperinflation qui a succédé aux deux chocs pétroliers.
Parts des titres internationaux détenus par les investisseurs institutionnels dans leurs portefeuilles d’actifs financiers : 1980-93