(AOF) - Suez a gagné 3,93% à 39,70 euros à la clôture. Une progression nourrit par la possibilité du lancement, dès demain, d'une offre d'achat sur le groupe, sans pour autant savoir si elle émanerait de François Pinault ou d'Albert Frère. Le quotidien "Les Echos", dans son édition d'hier matin, s'interrogeait sur une éventuelle tentative d'achat d'Albert Frère suite à sa récente montée au capital de Suez, et ce en dépit de son récent son soutien à l'opération Suez/GDF. De son côté, François Pinault laisse planer le doute sur ses intentions depuis décembre dernier.
Une offre sur Suez d'Albert Frère pourrait se faire via ses deux sociétés, CNP et GBL, qui pourraient mobiliser à elles deux huit milliards d'euros, et se rallier à des fonds d'investissement en vue de mobiliser via un LBO les 55 à 60 milliards nécessaires à un rachat de Suez. Albert Frère pourrait par la suite revendre la partie environnement du groupe, et ne garder que l'énergie. Il échapperait ainsi à l'aléa politique, précise "Les Echos".
Depuis le mois de décembre, les rumeurs concernant une éventuelle OPA de François Pinault se sont succédées. L'homme d'affaires a laissé planer le doute sur une éventuelle offre sur Suez. Dans un communiqué de la holding Artemis, ce dernier annonce n'avoir pris à ce jour aucune décision mais que "toutes les options restent ouvertes". Mais l'homme d'affaires doit faire face à plusieurs problèmes de taille, dont l'opposition que serait amenée à formuler le gouvernement dans l'hypothèse d'une OPA. De plus, il ne dispose pas des fonds nécessaires à cette opération actuellement. L'AMF lui a laissé jusqu'à 2 février seulement pour clarifier ses projets.
(AOF) EN SAVOIR PLUS
ACTIVITE DE LA SOCIETE
Spécialiste des services aux collectivités, Suez exerce son activité dans les domaines de l'énergie (73 % du chiffre d'affaires avec Electrabel, Elyo, Distrigaz, Fluxys, SUEZ Energie International ou encore Fabricom) et de l'environnement (27 % du chiffre d'affaires avec Ondeo, Ondeo Industrial Solutions, SITA et Degrémont).
Le groupe compte 157 650 collaborateurs dans le monde, 200 millions de clients individuels, 3 000 municipalités desservies au quotidien et 500 000 clients industriels et commerciaux. Près de 80% de son chiffre d'affaires est réalisé en Europe
FORCES ET FAIBLESSES DE LA VALEUR
Les points forts de la valeur
- Le groupe axe son développement sur ses métiers centraux (énergie, eau, propreté) et a mis en ¤uvre un important plan de restructuration comprenant la cession de participations non stratégiques (conduisant à la sortie définitive du groupe du secteur de la communication), une réorganisation des divisions, un recentrage géographique, etc. Chaque métier est aujourd'hui rentable.
- Le niveau de dette du groupe n'est aujourd'hui plus un soucis et le groupe peut combiner croissance et génération de cash.
- Suez est particulièrement bien placé dans le secteur de l'énergie avec une offre globale et semble bien positionné pour profiter de la convergence gaz-électricité.
- Le groupe dispose encore d'un potentiel de restructurations et d'économies.
-Le groupe a éveillé de nombreux appétits en 2006.
Les points faibles de la valeur
- l'incertitude qui règne quant à l'avenir de la fusion avec GDF et le risque de démantèlement du groupe en cas d'échec.
-La faiblesse des synergies entre les deux métiers de l'énergie et de l'environnement pose la question de la cohérence du groupe.
- Le marché attend un redressement des résultats du pôle déchets.
- Suez apparaît peu équilibré géographiquement en raison du poids du pôle belge dans l'ensemble.
- Implanté, de manière toutefois moindre que par le passé, dans les pays émergents, Suez est exposé au risque d'instabilité inhérent à ces marchés.
- Comme ses concurrents, le groupe peut notamment éprouver des difficultés à faire respecter les clauses de révision des tarifs dans le cadre de contrats signés auprès de certaines collectivités.
COMMENT SUIVRE LA VALEUR
Les échanges sur le titre Suez sont régulièrement animés par le débat lancé par certains fonds actionnaires minoritaires sur l'opportunité d'une scission du groupe entre l'Energie et l'Environnement, à laquelle s'oppose le management.